Prenons le cas le plus fréquent : un défunt qui a été marié deux fois au cours de sa vie. La pension de réversion est alors partagée entre le conjoint survivant actuel et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée de chaque mariage. Ce partage proportionnel s'applique dans tous les régimes.
Exemple concret : Jean a été marié 20 ans avec Marie, puis 10 ans avec Sophie. Au décès de Jean, la pension de réversion sera partagée ainsi : Marie recevra les deux tiers de la pension (20 ans sur 30) et Sophie un tiers (10 ans sur 30). Si la pension de réversion totale s'élève à 900 € par mois, Marie touchera 600 € et Sophie 300 €.
Cette règle mathématique s'applique même si l'un des conjoints s'est remarié entre-temps, du moins pour le régime de base.
Attention au piège du régime général : le partage est effectué entre tous les ex-conjoints qui ont existé, même ceux qui se sont remariés et qui ne remplissent plus les conditions pour percevoir effectivement leur part. Leur part est simplement "mise de côté" et ne vous revient pas automatiquement. En revanche, au décès de l'un des bénéficiaires potentiels, sa part est redistribuée aux autres conjoints survivants éligibles.
Autre subtilité méconnue concernant la durée du mariage :
Dans le régime général, il n'existe aucune durée minimale de mariage pour avoir droit à la réversion. Même un mariage d'un seul mois peut ouvrir des droits complets, sous réserve de remplir les autres conditions (âge, ressources).
En revanche, la fonction publique exige au minimum 4 ans de mariage (ou 2 ans si le mariage a eu lieu avant le départ à la retraite du fonctionnaire), sauf si un enfant est né de l'union. Cette condition peut exclure les mariages tardifs ou les unions de courte durée.
L'Agirc-Arrco n'impose pas non plus de durée minimale de mariage.
Sources :
- Service-public.fr, fiche pension de réversion, mise à jour janvier 2026
- Agirc-Arrco, rubrique pension de réversion du conjoint, 2026
- L'Assurance retraite, conditions de la réversion, janvier 2026